Née en 1993 au Chili, vit et travaille à Hambourg, Allemagne.
Crapauds noirs comme cendre rampent de la cheminée. Algues sèches s'empilent et recadrillent l'intérieur de l'alcôve. La marge marécageuse s'est infiltrée dans nos habitats, et Maria-Pia Landea s'y sent mieux. L'artiste fait apparaître le naturel par un parasitage des institutions, des espaces domestiques(és). Des racines de cigüe pendent du plafond et recréent un système de plomberie. Une flaque d'eau créée par l'artiste dans le coin d'une cour bétonnée offre refuge à des plantes flottantes. D'un autre côté, dans une forme de soin et d'attention, l'artiste se rend dans ces espaces naturels protégés, ces marais, ces forêts, et y intervient pour proposer de nouveaux habitats possibles aux espèces qui en ont de moins en moins. Elle passe par de longues étapes de recherche, d'écoute et d'observation pour venir accompagner les non-humain·e·s. Elle a creusé un trou dans le lit asséché d'une rivière, avec le temps il est devenu bastion de vie.
Par sa pratique documentaire, d'installation, de vidéo et de peinture, l'artiste propose une attention nouvelle aux interactions qui ont lieu au sein d'un système. Elle nous rappelle que l'artificialité et l'industrialisation de nos modes de vie nous excluent et finissent par nous mettre, nous, en marge de la nature.
Écrit par Andrea Malapert.
A l'issue de leur première session de résidence, María-Pía Landea et Diego Lucas partageront, le 23 avril à partir de 18h00, l'avancée de leurs recherches et de leurs expérimentations plastiques.
Par une pratique documentaire, d'installation, de vidéo et de peinture, María-Pía Landea porte une attention particulière à l'impact qu'ont nos existences sur celles des amphibiens. À travers ses gestes artistiques, elle participe à une prise en soin de cet écosystème partagé, réduisant la distance par laquelle nous nous en excluons.
De son côté, Diego Lucas explore des phénomènes géologiques, météorologiques et spatiaux qui, bien qu’étant scientifiquement explicables, restent entourés d’une aura mystérieuse. Au cours de sa résidence, il se tourne naturellement vers les volcans qui dominent la ville, les flux souterrains, les poussées vers le ciel qui la traversent et y tracent des chemins de désir.